Restauration de sièges

La restauration des sièges de style exige plusieurs compétences. Bien souvent, le restaurateur est amené à aborder les tavaux à effectuer sur les sièges avec ses qualités d'ébéniste, tellement la boiserie des sièges peut avoir souffert avec le temps. Par après, selon les sièges, la restauration se poursuit dans un deuxième temps par un travail de garnissage ou tapisserie d'ameublement. 
                                                                                                                                                      

Restauration des boiseries

Lorsqu'on désire remplacer le recouvrement d'un siège, après l'avoir dégarnis, il est inutile d'entammer son regarnissage sans avoir vérifié s'il n'est pas branlant ou stable. Il est indispensable que les assemblages des différents éléments qui composent le siège ne bougent pas. Il faut vérifier également qu'aucun élément de boiserie ne soit cassé ou manquant (pied cassé, moulure manquante, élément de sculpture,...). Il faut également contrôler la patine et déterminer si elle est convenable. S'il y a un travail à effectuer au niveau de la boiserie, il faut le faire avant un garnissage éventuel, pour une question pratique.

Parfois, il ne suffit pas de recoller les assemblages. Selon les cas, il peut y avoir un ou plusieurs tenons cassés, des mortaises obstruées, du bois vermoulu,... Les interventions peuvent être nombreuses et varient souvent d'un siège à l'autre. Il faut les reconstituer en gardant toutes les pièces autant que possible dans leur état d'origine.

Ci-dessous, voici quelques exemples de restauration.

1) Fauteuil crapaud : arrivé à l'atelier, ce fauteuil dont les assemblages bougeaient, donnaient l'illusion qu'il suffisait de démonter l'ensemble et de le recoller. Mais lors du dégarnissage, j'ai vu que des équerres métalliques maintenaient le tout en place. Après le démontage complet, il a fallu recoller les pièces fissurées, faire des réalisations de tenons à peigne, évider les mortaises obstruées, recomposer les feuillures, faire des essais de réassemblage, et enfin, recoller le bâti avec de la colle animale réversible.

Tenons cassé, feuillures abîmées, mortaises obstruées

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Réalisations de tenons intégrés à peigne, feuillures (battées) comblées

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Recollage du siège

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2) Chaise en acajou de style Louis-Philippe : réalisation d'un nouveau "dé" de raccordement pour relier proprement la traverse de face et celle du côté gauche. Intégration d'une partie neuve : ce qui sous-entend de nouvelles mortaises, et assemblage de cette nouvelle partie avec le bas du pied, par tourillon. Les anciens tenons étaient bien conservés.

Etat initial, puis retrait de l'ancien dé

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Après restauration

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3) Fauteuil Louis XV estampillé "CHENEVAT" : siège dont les assemblages ne tiennent plus. Quelques éclats. Collage de l'ensemble, intégration des chevilles existantes et façonnage de quelques nouvelles.

Avant et après. Les assemblages ont du jeux, et se défont. 

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Après

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Après la restauration de la carcasse d'un siège, l'intervention de l'ébéniste restaurateur peut se poursuivre par la consolidation ou le façonnage de nouveaux taquets, ainsi que la fixation de ceux-ci sur le bâti. Les taquets sont les blocs de bois qui se fixent contre les montants, au niveau de l'assise. Les taquets, sur un siège à ressorts, sert à fixer les fournitures diverses utilisées lors du garnissage. S'il n'y a plus de taquets et qu'il faut en façonner de nouveaux, il faut se baser sur la marque que les précédents ont laissé sur les pieds et montants. Pour un siège ancien du XIXème siècle par exemple, il convient d'en remettre en bois massifs, en hêtre généralement. Pour une carcasse récente, il est intéressant de les façonner dans un bloc de multiplex, ce qui est solide. 

L'élément en bois qui entoure le pied s'appelle un "taquet".

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Garnissage

Suivant le style du siège et l'époque de sa réalisation, il est aisé de déterminer s'il est opportun de le garnir à la méthode traditionnelle. Et même un siège dont le bâti est récent, pourraît l'être, si sa structure est prévue dans cette option. Par contre, il n'est pas conseillé de garnir à la mousse un siège du XIXème siècle par exemple. Son authenticité demande un garnissage raffiné qui dure dans le temps. 

En garnissage traditionnel, on tient compte du style du siège pour le choix des fournitures. Le choix des ressorts par exemple, détermine la forme de l'assise. Sachant que des ressorts d'une hauteur importante sont utilisés pour le style Louis XV. L'époque du siège est déterminante aussi. Les sièges antérieurs à 1925, ne contiennent en général pas de ressorts, puisqu'ils ont fait leur apparition à cette date. 

Une des spécificités du garnissage traditionnel est l'utilisation du crin. Sur une assise, c'est cette matière qui donne le volume, aidée par les différents points de piquage choisis eux-mêmes en fonction du souhait d'obtenir une assise plate ou bombée. Crin utilisé: le célancrin dans un premier temps, qui est non poussiéreux et non allergisant. On l'utilise pour le volume général de la pelote. Dans un deuxième temps, on utilise le crin animal, qui donne un effet ressort et un confort incomparable. Le garnissage traditionnel se maintient bien et traverse les décennies tout en gardant son élégance. 

Voici ci-dessous quelques étapes essentielles (parmi beaucoup d'autres) du garnissage traditionnel d'une chaise.

Carcasse restaurée

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Sanglage et guindage

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Première mise en crin

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Emballage et piqûre

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Deuxième mise en crin

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Mise en blanc

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Recouvrement final

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